L’insigne d’argent – Korneï Tchoukovski

Résumé :

« On a beau faire, quelquefois, c’est comme si on avait le monde entier contre soi. Et au collège plus qu’ailleurs. Jugez un peu : Un cahier enfoui pour cacher de mauvaises notes ; le chien du proviseur, Eschyle, qui le déterre pour jouer ; des professeurs qui ont tout sauf le sens de l’humour et de la mesure, et qui tous me désignent comme coupable, aussitôt c’est la menace d’une exclusion définitive. Mais à Odessa, en 1895, être exclu du collège, cela veut dire être mis à l’écart de la société. C’est presque être condamné à mort. Alors, moi qui aime apprendre, moi qui veux apprendre, comment pourrais-je échapper à une telle sentence ? »


Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier Coline de L’École des loisirs pour l’envoi de ce service-presse.

Encore une fois, ce qui m’a le plus attiré dans cette parution de l’école des loisirs, c’est le livre en lui-même. J’apprécie énormément cette maison d’édition pour ses ouvrages de très belle facture, et celui-ci ne déroge pas à la règle. Tout est extrêmement bien travaillé et bien pensé, la qualité de l’ouvrage est vraiment exceptionnelle avec un texte accompagné de sublimes illustrations.. J’étais donc conquise bien avant de commencer le récit.

Dès les premières pages, je me suis immédiatement plongée dans l’histoire sans soucis. La prise en main du texte est vraiment aisée. Korneï Tchoukovski livre ainsi les détails de son enfance avec beaucoup de pudeur et d’humilité ; il n’est pas là pour faire une critique sociale de son époque, même si celle-ci apparait forcément en transparence derrière son écrit. Mais il ne fait que relater des évènements à travers son regard de jeune garçon.

Ainsi, loin d’être moralisateur, le ton est détaché, léger malgré la gravité de sa situation. On a parfois l’impression d’avoir un regard externe, alors que Korneï Tchoukovski reste de héros de cette autobiographie. Et on ressent toute cette mélancolie derrière cette enfance marquée dans cette Russie du XIXème siècle stricte, rigide et idéologique.

Le texte est découpé en courts chapitres, qui chacun relate un évènement passé. Korneï Tchoukovski est concis, il ne s’embarrasse pas de fioritures. Et c’est ce qui permet à ce livre d’être à la portée de tous. Le vocabulaire reste simple mais fortement évocateur, et en peu de mots Tchoukovski fait partager un maximum de faits, d’émotions et de nostalgie. Une très belle plume, vraiment, pour les plus jeunes lecteurs comme pour les plus aguerris.

Je tiens également à relever les très bons éléments qui accompagnent le livre : présentation du contexte historique et culturel, glossaire, carte… Le petit dossier se trouvant à la toute fin est une véritable mine d’or et permet une compréhension complète de l’œuvre. J’ai été convaincue et conquise par tout ce travail remarquable !

Pour conclure, ce livre s’est révélé être une véritable petite surprise. En dehors d’un écrin magnifique, j’ai découvert un récit et une plume sublimes qui m’ont purement et simplement ravie. Un joli petit bijou !


Éditions l’école des loisirs – Collection Medium – 20 Mai 2015 – 17.50 € – 239 pages

3 réflexions sur “L’insigne d’argent – Korneï Tchoukovski

  1. L’insigne d’argent s’est vu décerné le 10ème prix de traduction le 6 février 2016 lors des Journées du livre russe à Paris -Russophonie-, et c’est la première fois pour un livre jeunesse.

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  2. Pingback: Juin 2015 : Bilan Livresque – partie 1 : lectures | Alice Neverland

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