La femme d’argile et l’homme de feu – Helene Wecker

Couverture La femme d'argile et l'homme de feuLorsqu’elle se réveille en cette fin du XIXe siècle, Chava est enfermée dans une malle au fond d’un navire qui les emmène, elle et son nouveau mari, vers New York, loin de la Pologne. Faite d’argile, c’est une golème, créée par un rabbin qui s’est détourné de Dieu pour se consacrer à l’occultisme.
Lorsqu’il se réveille, le djinn est violemment projeté sur le sol de l’atelier d’Arbeely, un artisan syrien. L’instant d’avant, c’est-àdire mille ans plus tôt, cet être de feu aux pouvoirs exceptionnels errait dans le désert.
La golème et le djinn, fantastiques immigrés, se rencontrent au hasard d’une rue. Eux seuls se voient tels qu’ils sont réellement. Chacun sait que l’autre n’est pas humain. Tous deux incapables de dormir, ils se donnent rendez-vous une fois par semaine, la nuit, pour arpenter les rues de Manhattan, qu’ils découvrent avec émerveillement.
Mais une menace plane sur eux. Le créateur de la golème, d’un âge très avancé, est prêt à tout pour échapper à la mort. Et il a vu ou se cachait le secret de la vie éternelle : à New York.


Mon avis :

Voilà un livre dont je n’avais pas du tout entendu parler. En général, la littérature générale n’est pas trop mon genre et je passe généralement vite mon chemin. Mais ici, la couverture m’a obnubilée à un tel point que je n’ai pas hésité à me lancer.

Il faut dire que les histoires de Djinn ou de golem ne sont pas des thèmes que l’on rencontre habituellement. Et pour l’amoureuse des contes que je suis, cette revisite me faisait donc diablement envie.

J’ai été très vite surprise par la véritable poésie qui se dévoile tout au long de ce conte moderne. La plume de l’auteur est un véritable enchantement ; elle nous transporte complètement dans ce siècle passé et redessine sous nos yeux des paysages qui prennent vie à leur tour. Ce sont de véritables tableaux ; on arrive à se représenter sans aucun soucis les bâtiments, même irréels, qu’elle cherche à nous faire connaitre. De la Statue de la liberté au palais du Djinn, tout est merveilleux et enchanteur. C’est beau, tout simplement.

On retrouve également cette poésie dans l’intelligence même de l’histoire. Helene Wecker aborde des thématiques assez différentes qui se retrouvent toutes autour de deux êtres : le djinn et la golème. Il faut dire que rien ne pouvait être plus à l’opposé que ces deux entités mystiques. En effet, tout semble éloigner la golème, qui ne vit que pour servir les désirs de son Maître, mais qui se retrouve libre en seulement quelques heures, et le djinn, être éthéré qui va là où le vent le porte, mais qui se retrouve dans un corps humain condamné à l’esclavage par un magicien, le privant ainsi de toute liberté. Et malgré tout cet aspect fantastique du récit, Helene Wecker arrive à nous faire croire à la réalité de ce qu’elle relate. On s’interroge, on se pose des questions, et on ne peut s’empêcher de se passionner pour cette histoire purement enchanteresse.

Mais le début est quelque peu assez long à se mettre en place. Il faut dire que l’on assiste presque à la « naissance » de ces deux êtres. Ils doivent donc apprendre à vivre, ou plutôt à survivre dans ce monde qu’ils ne connaissent pas, sans que leurs différences ne transparaissent. Ils vont devoir apprendre à se comporter normalement, comme de véritables être humains, et à se fondre dans cette normalité qui n’est pourtant pas la leur, eux qui sont des êtres mythiques et exceptionnels.

Résultat : toute cette mise en place est très intéressante, mais parait trop longue à un certains moments. On sait qu’il va se produire quelque chose à un moment donné et on est là, dans l’attente constante que cela arrive. Et j’avoue qu’au bout d’un certain moment je me suis lassée d’attendre.. Pourtant, avec du recul, cela m’a paru vraiment nécessaire, puisque c’est ce qui permet à Chava la golème et Ahmad le djinn de devenir aussi « humains » et attachants.

Heureusement, l’histoire prend un certain tournant qui a vite relancé mon intérêt pour le récit. Le rythme s’intensifie pour finir sur un dénouement bien amené et qui clôt parfaitement le texte. Même si j’ai entendu dire qu’une suite serait, semble-t-il, prévue.. une annonce qui m’intrigue donc fortement.

Pour conclure : Malgré les quelques longueurs que l’on retrouve dans une grande première partie du roman, je me suis vraiment passionnée pour ce conte initiatique aussi étrange que poétique. Helene Wecker livre une histoire purement enchanteresse, qui parait tout simplement réelle, et fournit des décors aussi magiques que réalistes. Chaque page n’est que pure beauté. Quant à l’histoire de ce djinn et de cette golème, elle m’a vraiment touchée ; je ne m’attendais pas à autant d’émotions toutes en contradiction. C’était tout simplement beau, magnifique et magique !


Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour l'envoi de ce livre !

Parution :  08 octobre 2015
Éditions : Robert Laffont
Nombre de pages: 560
Prix : 23 €
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8 réflexions sur “La femme d’argile et l’homme de feu – Helene Wecker

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