Le courage qu’il faut aux rivières – Emmanuelle Favier

Couverture Le courage qu'il faut aux rivières

Elles ont fait le serment de renoncer à leur condition de femme. En contrepartie, elles ont acquis les droits que la tradition réserve depuis toujours aux hommes : travailler, posséder, décider. Manushe est l’une de ces « vierges jurées » : dans le village des Balkans où elle vit, elle est respectée par toute la communauté. Mais l’arrivée d’Adrian, un être au passé énigmatique et au regard fascinant, va brutalement la rappeler à sa féminité et au péril du désir.
Baignant dans un climat aussi concret que poétique, ce premier roman envoûtant et singulier d’Emmanuelle Favier a la force du mythe et l’impalpable ambiguïté du réel.


Chronique rédigée par Sarah 10422444_1413516202310476_8704006803474751439_n

Le mois de septembre est évidemment le mois de la rentrée littéraire et si habituellement, je passais mon tour, cette année je ne pouvais pas passer à côté du premier roman d’Emanuelle Favier. Lors de la présentation de son livre, elle m’a beaucoup intriguée en parlant de poésie, d’esthétisme, de pureté et de personnages charismatiques. J’ai donc écouté ma petite voix et je ne l’ai absolument pas regretté, car j’aurais même souhaité que cette histoire soit réelle, tellement elle a su me toucher.

Au départ, c’est donc Manushe, une vierge jurée que nous rencontrons et qui à son tour va tomber sur un vagabond nommé Adrian. Celui-ci va la déstabiliser, l’intriguer et faire renaître ses désirs (oui, je l’admets, le début est un peu chaud et répétitif), mais au village des Balkans, Manushe n’est pas seule et Adrian n’est pas celui qu’il prétend être. Leur relation devient rapidement assez frivole, mais complexe à la fois parce que l’on se rend compte que celle-ci est un peu comme une illusion puisqu’elle n’est pas comprise de la même manière par les deux protagonistes. C’est ici que le voile se lève peu à peu et que l’on découvre leurs passés, mais également le sujet principal de ce magnifique roman qui est en fait « la construction d’une identité par choix, par nécessité ou encore par obligation »

Au niveau du récit et de sa structure, je ne dirais que deux mots : agréable et efficace. Tout commence donc avec l’histoire principale, ensuite l’autrice revient dans le passé d’Adrian et de Manushe pour revenir à la fin dans le présent. Nous avons deux voix qui se partagent chacune leur tour un chapitre en passant donc par Manushe ensuite Adrian pour finir avec une troisième voix, celle d’un personnage totalement inattendu et malheureusement trop peu présent d’après moi.

Malgré les descriptions à rallonge et le manque cruel de dialogues qui m’ont tout de même beaucoup manqués, j’ai réussi à me plaire dans cette histoire intéressante, surprenante et même dynamique et haletante qui offre une fin assez frustrante si vous n’aimez pas non plus les fins ouvertes. Cependant, quelle joie de vivre ça aux côtés des personnages attachants et énigmatiques d’Emmanuelle Favier qui a une plume ensorcelante, courageuse, poétique et précise.

N’attendez plus pour découvrir cet ouvrage subtil qui oscille parfaitement entre fragilité et dureté. Si vous appréciez la poésie, les descriptions, les paysages, l’originalité et le thème de la construction identitaire, vous ne serez pas déçus. J’en profite également pour vous glisser à l’oreille que sur le même thème et suite à ce livre j’ai visionné « Vierge sous serment » de Laura Bispuri qui m’a fait repenser au courage dont Manushe et Adrian ont fait preuve et je vous le recommande chaudement.


Chronique rédigée par Sarah.

Parution :  23 aout 2017
Éditions : Albin Michel
Nombre de pages : 224
Prix : 17 €
4.5

 

2 réflexions sur “Le courage qu’il faut aux rivières – Emmanuelle Favier

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