Rencontre avec… Samantha Shannon

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Lors de sa tournée de signatures en France, à l’occasion de la parution de Le Prieuré de l’Oranger, Samantha Shannon a fait un arrêt par Strasbourg pour une séance de dédicaces. J’ai alors eu la chance de pouvoir la rencontrer grâce aux éditions De Saxus, que je remercie infiniment !

Mieux connaitre l’auteure :

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Samantha Shannon a grandi à Ruisseauville, à l’ouest de Londres.

Elle est diplômée de littérature anglaise de l’Université d’Oxford en 2013.

Elle a d’abord commencé à écrire à l’âge de quinze ans, quand elle écrit son premier roman, Aurora, qui reste inédit.

Bone Season (2013) a été traduit dans une vingtaine de langues.


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Bonjour Samantha, je suis ravie de vous rencontrer car j’ai beaucoup, beaucoup, entendu parler de vous et de ce roman fantasy qui était très attendu en version française !

D’ailleurs, pour rentrer dans le vif du sujet, vous parlez, dans votre livre, de reine, de dragons, de magie. Vous offrez un univers de fantasy qui est très riche, très détaillé et très complexe. Vous êtes vous inspirée de plusieurs éléments, d’univers plus connus pour écrire votre histoire ?

Résultat de recherche d'images pour "george et le dragon légende"Quand j’étais enfant, j’allais dans une école chrétienne, et il on m’y a raconté cette histoire qui faisait référence à un chevalier qui tuait un dragon : la légende de George et le dragon. C’est donc l’histoire d’un chevalier qui suave la princesse en tuant un dragon. Ce qui m’embêtait un peu car je me demandais pourquoi cette princesse n’était pas plus active ? Pourquoi il ne se passait rien avec elle ? J’ai donc décidé de ré-imaginer cette histoire d’un point de vue plus féministe, ce qui a donné Le prieuré de l’oranger.

A coté de cela, j’ai fait des recherches sur les mythologies du monde, et j’ai découvert que, quand on parle de dragons dans les pays occidentaux, ce dernier est souvent un être maléfique associé au feu.. Alors qu’à l’est, il représente plutôt l’eau, la chance etc… J’ai donc décidé de combiner tout cela pour pouvoir développer Le prieuré de l’oranger.

En effet, dans votre livre, vous développez cet aspect à avec un peuple qui a peur des dragons et un autre qui les vénère. Comment avez-vous réussi à concilier ces deux mentalités, à réussir à les opposer quand il n’y a qu’une personne qui les écrit et qui les aborde différemment ?

C’était une tâche vraiment compliquée pour moi car Le Prieuré fait référence à plusieurs cultures. Il y a même jusqu’à neuf territoires séparés.

Mais, un jour, mon petit frère m’a montré un devoir d’espagnol sur l’Inquisition et l’armada espagnole. J’ai alors commencé à faire des recherches et je me suis dit : « Mais, c’est vrai que toutes les histoires de fantasy parlent souvent de périodes qui se situent autour du XIIIème, XIVème siècle. J’ai eu envie de voir ce qu’il se passait autour du XVIème, XVIIème siècle même si, au départ, je voulais inclure l’histoire dans un univers réel, qui aurait correspondu à notre vie actuelle. Mais j’ai finalement opté pour la fantasy.

Quand j’ai commencé mes recherches, je me suis rendue compte qu’il y avait énormément d’éléments politiques à ce moment là, comme la reine Elizabeth, cette femme forte qui a dirigé seule l’Angleterre et qui ne s’est jamais mariée. Il y avait aussi cette règle au Japon, la règle Sakoku, qui définissait le fait que le Japon était un pays très fermé qui limitait toutes relations avec les pays de l’Ouest. Mais il y avait une petite ile appartenant aux Néerlandais, très proche de Nagasaki, qui est devenu le seul lien avec la culture occidentale.

Effectivement, autre point important de votre livre, comme vous l’expliquez juste avant, vous mettez les femmes très en avant. Etait ce vraiment votre volonté ou cela est-il venu de façon naturelle ?

Pour moi qui suis une femme, ça a toujours été plus facile d’écrire sur des personnages féminins. Mais quand j’ai voulu ré-imaginer la légende de George et le dragon, c’était vraiment le point clé : il me fallait apporter un point de vue féministe à cette légende très masculine. Et quand vous regardez les livres d’histoire ou les livres de fantasy, le point de vue est souvent très masculin, très mysogyne. Si on prend, par exemple, Games of Thrones, les femmes subissent énormément de violences, elles sont toujours posées en retrait. Et ce point de vue est très mysogyne.

J’avais envie de quelque chose où on accepte tout le monde, homme comme femme, ainsi que toutes les les diversités. C’est pour cela qu’il y a des gens de couleurs, qu’il y a une représentation de la population queer LGBT. Mais plutôt que de les voir persécuter pour leur couleurs ou leur sexualité, le point de conflit dans l’histoire est devenu la religion.

Aujourd’hui, vous êtes une auteure Best-seller du New york Times et du Sunday Times. Vous êtes comparée à JK Rowling, George Martin, Tolkien. Est ce que cela a changé quelque chose dans votre façon d’écrire, vous a apporté une pression supplémentaire ?

Oh oui ! J’avais 21 ans quand j’ai signé mon premier contrat d’édition et on m’a de suite comparée à JK Rowling. Mais c’est surtout parce que j’avais le même éditeur qu’elle. Et puis, lors d’une interview à la radio, la personne qui me recevait m’a dit « Bravo, The Bone Seasons s’est super bien vendu ! Mais Bon, pas aussi bien que ceux de JK Rowling ». Ce n’est pas ce que j’attendais, je voulais simplement pouvoir toucher mon propre public. Mais cela m’a mis une certaine pression et, ce qui est très étrange, c’est que, au début, on me comparait à Rowling. Et, maintenant, de plus en plus, on est en train de dire que je suis George Martin au féminin, ou en encore la nouvelle Tolkien. J’aimerais juste qu’on me dise un jour que je suis d’abord Samantha Shannon, et pas seulement la deuxième Tolkien…

C’est un peu ennuyant car l’industrie du livre a toujours tendance à vouloir comparer avec quelqu’un. Je le comprends parce que cela permet de donner une idée en disant que Si vous avez aimé Games of thrones, vous aimerez Le prieuré de l’oranger. C’est une référence pour les lecteurs. Je le comprends mais, en même temps, je trouve ça assez ennuyeux malgré tout.

Dès The bones seasons, tout le monde était enchanté par vos livres. Ce premier tome a été un réel succès dans de nombreux pays. Il est d’ailleurs sorti en France, mais ce fut un livre fantôme, passé complètement inaperçu. Est-ce que cette première expérience sur le marché français vous a mis une pression supplémentaire lorsqu’un nouvel éditeur français a voulu acheter les droits d’un autre de vos livres ?

Résultat de recherche d'images pour "le prieuré de l'orange"Quand un titre ne fonctionne pas, il peut y avoir plusieurs raisons. Ça dépend vraiment de plusieurs éléments qui entrent en compte. Ça peut être l’argent que met l’éditeur sur la communication, le marketing etc… Ça peut aussi être sa capacité à répandre la nouvelle, ou encore une question de traduction (NB : ce qui n’était pas le cas pour la version française. Le traducteur de The Bones seasons a d’ailleurs été repris pour la traduction du prieuré de l’oranger)

Alors, bien sur, cela m’a embêtée, et j’ai trouvé ça triste car la france est un pays que j’aime beaucoup, que j’ai visité plusieurs fois et qui est proche de moi. Mais cela ne m’a pas plus stressée que cela. Je suis contente que De Saxus ait d’ailleurs récupéré la série. J’espère que, cette fois ci, ça fonctionnera et que le public sera au rendez vous !

Pour terminer, je vous propose un petit jeu de questions/réponses rapides pour mieux vous connaître… :

  • Quel est e premier livre que vous avez lu ? The faraway Tree d’Enid Blyton
  • Quel métier vouliez vous faire quand vous étiez petite ? Vétérinaire, car beaucoup de mes amis voulaient l’être. Mais, très vite, j’ai eu envie de devenir autrice, dès l’age de 8 ou 9 ans.
  • Quel est votre livre préféré ?  La servante écarlate de Margaret Artwood
  • Et le livre que vous lisez actuellement ? Je viens juste de finir Ninth House de Leigh Bardugo
  • Quel est votre dragon préféré ? Draco du film Dragonheart
  • Vous avez une heure de libre. Que faites-vous ? Dormir !
  • Musique ou calme quand vous écrivez ? Parfois j’écris dans le silence. Mais quand, je le peux, j’écris avec de la musique; sauf qu’il faut que ce soit une musique sans paroles (musique instrumentale, musique de film) sinon cela me distrait.
  • Plutot série TV ou lecture ? Lecture, définitivement !
  • Thé ou café ? Café !

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